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Entretien avec Nathalie Katsamantou, psychologue.


Nathalie Katsamantou est psychologue en PMI (protection maternelle infantile). Elle travaille aux PMI de Garches les Gonesse et de Villiers le Bel. Son travail consiste à suivre les enfants de 0 à 6 ans envoyés par le personnel médical de la structure ou par les écoles.

A quelle occasion avez-vous rencontré la Compagnie ACTA ?

A l’occasion d’un stage, alors que je désirais justement ouvrir ma pratique à d’autres expériences pour faire évoluer mon travail. Ma responsable m’avait parlé d’un stage de formation dirigé par ACTA sur le thème : « la petite enfance, éveil artistique et spectacle vivant ». Ce stage comportait une partie théorique autour de conférences, avec des intervenants venus d’horizons très divers. Il y avait également une partie pratique composée d’exercices de théâtre. Le stage s’adressait à tous les acteurs locaux. Ils y avaient entre autres de nombreuses puéricultrices et des personnes du service culturel de la ville. J’ai trouvé le stage passionnant car la compagnie mène un travail vraiment formidable.

A partir de là, quels liens avez-vous établi entre la PMI et le travail de la compagnie ?

L’un des objectifs du stage était de préparer les rencontres européennes en intégrant les travailleurs locaux comme des partenaires de l’événement. Mon rôle a consisté à faire connaître le travail d’ACTA à mes collègues de la PMI. Elles ont été nombreuses à s’étonner du fait que l’on puisse s’adresser à des enfants si petits comme le fait la compagnie. Mais Agnès Desfosses est venu à la rencontre de mes collègues il y quelques mois. Depuis elles sont très enthousiastes et convaincues de l’intérêt d’une telle approche. Je suis donc une sorte d’intermédiaire qui assure le lien entre le travail de la compagnie et les professionnels de la PMI.

Avez-vous envie d’aller plus loin dans cette collaboration ?


Nous réfléchissons, nous avons des projets en tête, même si ce n’est pas pour tout de suite. Nous aimerions faire venir des spectacles en PMI. Je crois que ce type d’initiative pourrait stimuler davantage les parents en leur montrant qu’il existe des manières plus inattendus, moins conventionnelles d’aborder la petite enfance. Cela permet aussi d’instaurer un environnement plus agréable pour les enfants. Il faut vraiment réfléchir là-dessus. Il y a tant de choses à faire… Depuis que j’ai vu le spectacle Syncope, j’ai aussi très envie de travailler sur l’accompagnement des enfants. Réfléchir sur la façon dont les accompagnateurs se positionnent. Il est primordial que les professionnels de l’enfance se posent la question pour que les choses avancent. Il faut accepter de bousculer les habitudes, s’ouvrir à d’autres pratiques, s’enrichir au contact d’univers différents. Certains spectacles remuent les adultes beaucoup plus que ce que l’on pourrait penser. Il faut lâcher ses propres émotions et se laisser aller. Ce qui est formidable avec ACTA, c’est que rien n’est jamais arrêté, figé. C’est génial d’être ainsi au contact d’une équipe de gens qui vous communiquent autant d’énergie.

Vous arrive-t-il d’être surprise par la manière dont les enfants réagissent pendant un spectacle?

L’engouement des enfants pour les spectacles ne m’étonne pas car spontanément tous les enfants jouent et mettent en scène plein de choses. Pour eux, c’est un mode d’expression naturel. En revanche je suis toujours émerveillée quand par exemple un enfant extrêmement renfermé s’ouvre, participe et devient très actif au moment de la représentation. Mais encore une fois, ce qui m’étonne le plus, c’est l’impact de ces créations sur les adultes.


Propos recueillis par Sabine Revert