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Entretien avec Pierre Oberto : chef de projet à la politique de la ville

pierre obertoPierre Oberto, chef de projet en politique de la ville à Villiers le bel a pour rôle de favoriser les projets qui impliquent la population de la commune. Une fonction qui consiste à rechercher des partenariats et des subventions mais qui implique aussi une compréhension fine des besoins sur terrain. « C’est ce qui permet de donner du sens à mon travail et de sortir du cercle des questions purement administratives »

Depuis combien de temps soutenez vous l’action et le travail de la compagnie ACTA et comment les aidez vous concrètement ?

Je suis un « convaincu d’ACTA » et je les soutiens depuis mon arrivée au poste de chef de projet en 1990. Le travail d’Agnès Desfosses met toujours en avant les habitants. Il y a dans son travail un vrai respect de l’être humain. Tout ce qu’elle fait a un sens. La plaquette du festival a un sens, cela met la personne qui la regarde dans une dynamique qui bouscule le regard. Concrètement, j’aide la compagnie à trouver des financements et je participe à la création de partenariats. Ce qui est formidable avec ACTA c’est que le partenariat n’est jamais figé. Il fédère du monde car la collaboration avec les acteurs locaux est très souple : les habitants et les partenaires participent et s’investissent comme il peuvent, en fonction de leurs moyens mais l’investissement en temps, en intérêt a la même valeur pour la compagnie. Il m’arrive aussi de leur demander d’intervenir ou de m’aider sur d’autres projets et ils sont toujours très ouverts. Nous avons travaillé avec d’autres publics comme à l’occasion des « soirées mémoires » pour les personnes âgées.

 

Selon vous, pourquoi est-il important qu’il existe des spectacles en direction de la petite enfance ?

Avant d’être à ce poste je travaillais à Chatenay Malabry où nous faisions un travail sur les quartiers avec la troupe du Campagnol. J’ai également été enseignant et j’utilisais beaucoup les marionnettes. Je suis convaincu depuis longtemps de l’impact du théâtre. Pour moi, le travail d’Acta en direction des tout-petits est d’autant plus fort qu’il intègre réellement les enfants en leur donnant une place à part entière dans la société. Les spectacles sont créés pour eux et pour une fois, ils sont sujets et non objets.

Et quel est votre regard d’adulte sur les créations pour les tout-petits ?

En tant qu’adulte les spectacles me font revivre des émotions, ressentir des odeurs, des couleurs. Mais je suis toujours stupéfait par les réactions des enfants et la force du lien privilégié qui s’établit entre eux et les comédiens, une sorte de connivence qui laisserait presque l’adulte en dehors. Plus généralement, je considère l’expérience d’Acta comme une richesse pour nos banlieues même si ce n’est pas facile de convaincre quand la priorité est de favoriser l’emploi. Il faudrait que ces premières rencontres ouvrent le champ à d’autres, ailleurs.