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« Educatrices, psychologue, psychomotricienne ou chef de projet à la politique de la ville, ils sont les relais précieux et nécessaires qui permettent de donner véritablement corps au travail artistique destiné à la petite enfance. A leur manière, ils participent à modeler la qualité des moments consacrés aux spectacles. Mais qu’est-ce qui les a poussé à devenir les partenaires si actifs de l’aventure ? Rencontres. »

Michèle Benoît, éducatrice en crèche Familiale à Ermont

Florence Elmojahid, éducatrice en Halte Garderie et en ludothèque

« Educatrices, psychologue, psychomotricienne ou chef de projet à la politique de la ville, ils sont les relais précieux et nécessaires qui permettent de donner véritablement corps au travail artistique destiné à la petite enfance. A leur manière, ils participent à modeler la qualité des moments consacrés aux spectacles. Mais qu’est-ce qui les a poussé à devenir les partenaires si actifs de l’aventure ? Rencontres. »

Rencontre avec des accompagnatrices de terrain :

Michèle Benoît est éducatrice en crèche Familiale à Ermont. Florence Elmojahid est éducatrice en Halte Garderie et en ludothèque. Toutes deux ont suivi l’année dernière un stage d’initiation à la création destinée aux tout-petits dirigée par Agnès Desfosses. A l’occasion de ces rencontres, elles témoigne de leur vif enthousiasme pour ce travail.

Est-ce que le point de vue sur les tout-petits qui est celui d’Agnès vous a appris quelque chose sur les enfants ?

Michèle : Pour nous, le stage de l’an dernier a d’abord été l’occasion d’apprivoiser le travail sur l’imaginaire, et de découvrir des types d’exercices radicalement nouveaux pour nous. La vision des artistes de la compagnie est intervenu comme quelque chose de très complémentaire, et une nouvelle possibilité pour nous d’approfondir les choses dans nos relations avec les enfants.

Cette formation vous a conduit à apprécier les spectacles différemment ?

Florence : Certainement, car ce qui est difficile avec les spectacles qui poursuivent des démarches artistiques exigeantes comme ACTA, c’est que ce sont des spectacles qui ne s’expliquent pas et dont c’est très difficile de parler. Il faut vraiment les voir, et les vivre. La formation nous a aidé à prendre plus clairement conscience de ce que l’on ressentait nous mêmes, et par là nous pouvons plus utilement servir de relais auprès des familles. C’est important pour nous que ces journées se tiennent ici, dans le Val d’Oise.

Les réactions des enfants pendant le spectacle vous étonnent parfois ?

Michèle : Elles nous étonnent toujours car ils réagissent rarement comme nous adultes, on s’y attend. Ils ne rient pas au même endroit que nous, n’ont pas le même type de concentration. L’attention ne passe pas forcément chez eux par l’immobilisme et le silence total. Nous apprenons à les accompagner. C’est étonnant aussi de constater à quel point ils sont déjà réfléchis, tout ce qu’ils peuvent ressentir, et comment ils interprètent ce qu’ils voient. Il y a des enfants littéralement ébahis. Même s’ils savent que c’est un spectacle, et qu’ils font parfaitement la différence avec la réalité, ils vivent les émotions, les sentiments que le spectacle leur procure comme dans la vie, en se donnant entièrement à ce qu’ils sentent. Ils n’obéissent pas à des codes, et leur spontanéité nous apprend aussi à voir le spectacle autrement.

Propos recueillis par Céline Viel